top of page

Les Dernières Actualités

Rester informé sur les enjeux, les initiatives et les évolutions d’Haïti

Michel Martelly s’est inscrit comme électeur : assiste-t-on aux prémices d’un retour politique en Haïti ?

31 août
14 min de lecture

L’ancien président n’a pas annoncé sa candidature. Mais son retour en Haïti, l’émergence de DEBLOKE, l’absence du PHTK du paysage électoral officiel et, désormais, son inscription comme électeur créent une question politique que le pays ne peut tout simplement pas ignorer.

Opinion Citadex | 31 août 2026



Il existe des moments en politique où un acte administratif apparemment ordinaire devient politiquement significatif en raison de la personne qui l’accomplit, du moment où elle le fait et du contexte qui l’entoure. La décision de Michel Joseph Martelly de s’inscrire comme électeur à Pétion-Ville, le dimanche 30 août, appartient à cette catégorie. En apparence, il n’y a rien d’extraordinaire à ce qu’un citoyen haïtien s’inscrive comme électeur. Il s’agit d’une démarche normale et nécessaire pour participer à une élection. Mais lorsque cette démarche est accomplie par un ancien président de la République, figure toujours influente d’un courant politique qui a profondément marqué la dernière décennie, elle prend nécessairement une dimension politique supplémentaire. L’inscription de Martelly intervient en outre à un moment particulièrement sensible : Haïti se prépare à un processus électoral qui doit permettre le renouvellement des institutions nationales après plusieurs années de crise politique, tandis que les forces politiques traditionnelles se réorganisent et que de nouvelles coalitions cherchent à occuper l’espace laissé vacant par les anciennes structures. Martelly, qui avait quitté le pays pour vivre principalement aux États-Unis, est revenu en Haïti en juillet et vient maintenant de poser un geste concret qui le replace, au moins sur le plan administratif, dans le corps électoral. Plusieurs médias haïtiens ont rapporté qu’il s’était inscrit au Lycée National de Pétion-Ville, accompagné de son avocat, Me Mario Delcy. Aucun des éléments crédibles examinés par CITADEX ne permet cependant d’affirmer qu’il a officiellement décidé de briguer la présidence. À ce jour, Michel Martelly est un électeur inscrit, et non un candidat déclaré à la présidence. Cette distinction doit constituer le point de départ de toute analyse sérieuse.


Mais la politique ne se limite jamais aux annonces officielles. Elle est également faite de signaux, de mouvements, de repositionnements et de décisions dont la portée réelle n'apparaît parfois qu'une fois replacés dans leur contexte. Le retour de Martelly en Haïti, le 15 juillet dernier, avait déjà suscité de nombreuses interrogations sur ses intentions. Son retour intervenait alors que l'enquête judiciaire sur l'assassinat de Jovenel Moïse, son successeur politique, demeurait active et que le paysage politique haïtien commençait à se structurer en vue des prochaines élections. Des observateurs avaient alors estimé que cette présence pouvait également lui permettre de mesurer l'état de son influence politique et de prendre le pouls du pays. Martelly n'avait toutefois annoncé aucun projet politique à ce moment-là. Son inscription comme électeur constitue désormais une nouvelle donnée, différente d'une simple visite privée ou familiale, puisqu'elle le replace concrètement dans le processus électoral. Cela ne signifie toujours pas qu'il sera candidat, mais cela signifie qu'il a accompli une démarche qui serait également nécessaire s'il décidait de participer lui-même à la compétition électorale. C'est précisément cette ambiguïté qui rend la situation intéressante : le geste ne confirme pas une candidature, mais il rend l'hypothèse d'un retour politique beaucoup plus difficile à écarter.


Commençons par séparer les faits des spéculations

Pour CITADEX, cette distinction n'est pas une précaution secondaire; elle est au cœur même de notre rôle. Le fait est que Michel Martelly s'est inscrit comme électeur. Le fait est qu'il est revenu en Haïti en juillet. Le fait est également que le Parti Haïtien Tèt Kale, le PHTK, formation politique qui l'avait porté à la présidence et qui avait ensuite joué un rôle central dans l'accession de Jovenel Moïse au pouvoir, ne figure pas parmi les partis et regroupements actuellement engagés officiellement dans le processus électoral de 2026. Le fait est enfin qu'un autre regroupement, DEBLOKE, a émergé dans le paysage électoral actuel et que plusieurs personnalités ayant évolué dans l'espace politique du PHTK et de Martelly y sont associées. DEBLOKE a par ailleurs entrepris des démarches officielles auprès du gouvernement au sujet du processus électoral et des conditions nécessaires, selon ses responsables, à la tenue d'élections crédibles. Pris séparément, aucun de ces éléments ne permet de conclure que Martelly prépare une candidature présidentielle. Mais lorsqu'ils sont replacés dans le même contexte, ils constituent suffisamment de signaux pour que la question soit posée sérieusement. Ce que CITADEX ne doit pas faire, c'est transformer ces signaux en certitude; mais ce que CITADEX ne doit pas faire non plus, c'est prétendre qu'ils n'ont aucune signification politique. Notre travail consiste précisément à maintenir cette ligne de séparation entre ce qui est établi, ce qui est plausible, ce qui est allégué et ce qui demeure inconnu.


Ce qui n'est donc pas établi, c'est que Martelly ait décidé de se porter candidat à la présidence. Aucune annonce officielle de candidature présidentielle n'a été identifiée dans les sources examinées, et l'inscription comme électeur demeure juridiquement et politiquement distincte de l'inscription comme candidat. Cette nuance est fondamentale, car une partie de la conversation publique autour de Martelly tend déjà à franchir cette frontière en transformant une démarche électorale réelle en preuve d'une intention politique qui n'a pas encore été déclarée. Il serait tout aussi erroné de conclure que Martelly ne peut pas avoir d'ambition présidentielle simplement parce qu'il ne l'a pas encore annoncée. En politique, particulièrement à l'approche d'une échéance électorale, les acteurs préparent souvent leurs options avant de rendre leurs intentions publiques. C'est pourquoi CITADEX doit conserver une position équilibrée : nous ne dirons pas que Martelly est candidat tant qu'il ne l'est pas officiellement, mais nous ne traiterons pas non plus son inscription comme un événement politiquement insignifiant.


Le problème du PHTK : le parti est absent, mais le réseau politique pourrait ne pas l'être


C'est ici que l'analyse devient beaucoup plus intéressante. Le PHTK a constitué l'une des forces politiques les plus importantes de la dernière période politique haïtienne. Il a porté Michel Martelly à la présidence en 2011 et a ensuite contribué à l'émergence de Jovenel Moïse, qui lui a succédé au Palais national. Le parti a donc représenté beaucoup plus qu'une simple structure électorale : il a constitué pendant plusieurs années un réseau politique, institutionnel et humain présent dans plusieurs secteurs de l'État et de la société. Or, dans le processus électoral actuel, le PHTK n'a pas enregistré de liste propre pour participer à la compétition. Son absence du paysage électoral officiel est donc un fait qu'il faut prendre au sérieux. Mais l'absence d'un parti du bulletin de vote ne signifie pas nécessairement la disparition de l'influence politique construite autour de ce parti. Les réseaux politiques peuvent changer de nom, intégrer des coalitions, soutenir d'autres structures, fonctionner autour de personnalités ou se reconstituer sous de nouvelles formes. L'histoire politique haïtienne offre d'ailleurs suffisamment d'exemples de partis et de mouvements qui ont survécu à des transformations institutionnelles en changeant de véhicule électoral.


C'est dans ce contexte que DEBLOKE mérite une attention particulière, sans pour autant que CITADEX commette l'erreur de présenter automatiquement cette coalition comme un « nouveau PHTK ». DEBLOKE est un regroupement de plusieurs organisations et personnalités, et il serait intellectuellement injuste de réduire l'ensemble de ses membres à une seule filiation politique. Toutefois, plusieurs éléments documentés rendent son apparition pertinente dans l'analyse du retour possible de l'ancien président. Parmi les personnalités associées à sa direction figure Marie Yanick Mézile Lhérisson, ancienne ministre sous Martelly et ancienne vice-présidente du PHTK. Le regroupement a également engagé des démarches officielles dans le cadre du processus électoral et s'est positionné publiquement sur les conditions nécessaires à la tenue d'élections crédibles. Cela ne signifie pas que DEBLOKE agit sur instruction de Martelly, ni que Martelly en est le chef, ni même qu'il en sera nécessairement le candidat. Cela signifie simplement qu'il existe un ensemble de connexions politiques objectives entre l'ancien espace Martelly-PHTK et une partie du nouveau paysage électoral. Lorsque l'on ajoute à cela le retour de Martelly en Haïti et son inscription récente comme électeur, la question d'un éventuel repositionnement politique devient légitime.


Alors, Martelly se prépare-t-il à être candidat ?

Au moins trois scénarios méritent actuellement d'être considérés, et aucun ne peut encore être présenté comme certain. Le premier est le plus simple : Michel Martelly fait exactement ce que des millions de citoyens haïtiens sont appelés à faire, c'est-à-dire s'inscrire comme électeur. Le CEP encourage les citoyens remplissant les conditions requises à participer au processus d'inscription, et le fait qu'un ancien président accomplisse cette démarche peut parfaitement relever de l'exercice normal de ses droits civiques. Dans cette hypothèse, son inscription ne constituerait pas une préparation à une candidature, mais simplement une volonté de conserver sa capacité à participer au scrutin et à exercer une influence politique comme citoyen. Cette possibilité ne doit pas être éliminée simplement parce que Martelly est une personnalité politique majeure. La démocratie ne réserve pas l'inscription électorale aux citoyens sans passé politique.


Le deuxième scénario est celui d'un retour politique sans candidature personnelle. Martelly pourrait chercher à redevenir une figure centrale de la vie politique haïtienne sans nécessairement vouloir occuper lui-même le Palais national. Un ancien président disposant d'une base politique et d'une forte reconnaissance nationale peut influencer une élection sans figurer sur le bulletin de vote. Il peut soutenir un candidat, contribuer à la formation d'une coalition, mobiliser des électeurs, négocier des alliances ou devenir une figure autour de laquelle plusieurs forces politiques se regroupent. Dans ce scénario, son inscription comme électeur pourrait être un signal de retour dans le débat politique plutôt qu'une préparation directe à une candidature. Le troisième scénario est naturellement celui qui alimente aujourd'hui le plus de spéculations : l'inscription comme électeur serait une première étape vers une candidature présidentielle. Nous ne disposons actuellement d'aucune preuve permettant de l'affirmer, mais le calendrier rend la question politiquement pertinente. À mesure que le processus électoral avance, qu'approche la période d'inscription des candidats et que les coalitions se structurent, les gestes des personnalités susceptibles d'avoir une influence nationale deviennent naturellement plus significatifs.


Une candidature éventuelle soulèverait immédiatement des questions juridiques


Si Martelly décidait effectivement de se porter candidat, la question ne serait pas simplement politique. Elle deviendrait également juridique, et plusieurs conditions constitutionnelles et électorales devraient être examinées par le CEP. L'article 134-3 de la Constitution prévoit qu'un président ne peut pas être réélu immédiatement, mais qu'il peut solliciter un autre mandat après une période de cinq ans et qu'il ne peut pas exercer plus de deux mandats. Martelly n'ayant exercé qu'un seul mandat, de 2011 à 2016, cette disposition ne constitue pas, en elle-même, un obstacle évident à une éventuelle nouvelle candidature en 2026. Mais la Constitution impose d'autres conditions. L'article 135 prévoit notamment qu'un candidat à la présidence doit jouir de ses droits civils et politiques, avoir sa résidence habituelle en Haïti et avoir résidé dans le pays pendant les cinq années consécutives précédant l'élection. Cette dernière exigence pourrait devenir particulièrement importante dans le cas de Martelly, compte tenu du fait qu'il a vécu à Miami pendant plusieurs années et que plusieurs sources crédibles l'ont décrit comme résidant principalement aux États-Unis.


Cela ne permet toutefois pas à CITADEX de déclarer que Martelly serait inéligible. Nous ne disposons pas de son dossier complet de résidence, et les informations publiques sur son lieu de vie ne permettent pas, à elles seules, de déterminer juridiquement s'il satisfait ou non à l'exigence constitutionnelle. Si Martelly annonce une candidature, le rôle du CEP sera précisément de vérifier les conditions d'éligibilité et de produire une décision fondée sur les documents officiels. La bonne formulation n'est donc pas : « Martelly ne peut pas se présenter », mais plutôt : « Si Martelly se porte candidat, le respect de l'exigence constitutionnelle relative à la résidence devra être examiné et documenté. » C'est une différence fondamentale, car CITADEX ne doit ni préjuger d'une décision du CEP ni transformer une question juridique légitime en verdict politique avant que les institutions compétentes aient parlé.


Les sanctions internationales constituent un autre dossier à examiner avec précision


Le cas de Martelly comporte également une dimension internationale qui ne peut être ignorée, mais qui doit être présentée avec une grande rigueur. Les États-Unis ont imposé des sanctions contre l'ancien président en 2024 en l'accusant notamment d'avoir facilité le trafic de stupéfiants, blanchi des revenus illicites et entretenu des relations avec des trafiquants et des groupes armés. Le Canada l'avait sanctionné en 2022, et l'Union européenne l'a placé sous mesures restrictives en 2025. Ces décisions reposent sur des accusations extrêmement graves formulées par les gouvernements concernés et doivent être présentées comme telles. Elles ne doivent toutefois pas être transformées automatiquement en condamnations judiciaires haïtiennes. Une sanction administrative ou financière imposée par un gouvernement étranger n'est pas juridiquement identique à une condamnation pénale prononcée par un tribunal haïtien.


Cette distinction devient particulièrement importante lorsqu'on examine le décret électoral haïtien de 2026. Le décret prévoit certaines conditions d'éligibilité, notamment l'absence de sanctions imposées par le Conseil de sécurité des Nations unies pour les candidats à certaines fonctions. Les sanctions américaines, canadiennes et européennes visant Martelly ne sont pas la même chose qu'une sanction du Conseil de sécurité de l'ONU. Il serait donc juridiquement imprudent d'affirmer que les sanctions étrangères rendent automatiquement Martelly inéligible à la présidence. En revanche, si sa candidature est déposée, ces sanctions internationales feront inévitablement partie du contexte politique que les électeurs examineront et pourraient également susciter des questions juridiques ou institutionnelles auxquelles le CEP devra répondre dans le cadre de ses compétences. Là encore, le rôle de CITADEX n'est pas de prononcer le verdict à l'avance, mais de poser les bonnes questions et de vérifier les réponses institutionnelles.


L'enquête sur l'assassinat de Jovenel Moïse ne peut pas être ignorée

Le retour politique éventuel de Martelly ne peut pas être analysé indépendamment d'un autre dossier qui demeure profondément sensible dans la mémoire nationale : l'assassinat de Jovenel Moïse. Martelly est revenu en Haïti alors que l'enquête judiciaire sur la mort de son ancien successeur politique se poursuivait. Il a été convoqué comme témoin dans cette affaire et, selon les informations crédibles examinées, il n'a pas été inculpé. Cette précision est essentielle, car le débat public haïtien tend parfois à confondre des statuts judiciaires qui n'ont pas la même portée. Être cité dans un témoignage, être convoqué comme témoin, être entendu par un juge, faire l'objet d'une enquête et être inculpé constituent des situations différentes. CITADEX ne doit pas les mélanger, surtout lorsqu'il s'agit d'une personnalité susceptible de redevenir un acteur électoral majeur.


Cela étant dit, le fait qu'une enquête aussi importante demeure ouverte crée nécessairement une question politique si Martelly décidait de briguer à nouveau la présidence. Les électeurs seraient en droit de demander quelles sont exactement les questions qui ont été posées à l'ancien président, quel est son statut judiciaire, quelles réponses il a fournies et si de nouveaux éléments sont apparus depuis sa précédente administration. Poser ces questions ne signifie pas accuser Martelly d'avoir participé à l'assassinat de Jovenel Moïse. Cela signifie simplement reconnaître qu'un dossier aussi grave, qui a profondément bouleversé l'État haïtien, mérite d'être clarifié autant que possible avant que les citoyens ne soient appelés à choisir leurs dirigeants. La transparence judiciaire et la transparence électorale ne sont pas des attaques contre un candidat; elles sont des exigences normales d'une démocratie.


Mais la question la plus importante n'est peut-être pas de savoir si Martelly sera candidat


C'est probablement ici que le débat devrait aller plus loin. La véritable question n'est pas seulement : « Michel Martelly sera-t-il candidat ? » La question plus importante est peut-être : « Que nous dit la possibilité du retour de Martelly sur le système politique qu'Haïti est en train de reconstruire ? » Si Martelly devient candidat, le pays ne votera pas uniquement sur la personne de Michel Martelly. Il votera également, dans une certaine mesure, sur une période politique dont Martelly a été l'une des figures centrales. Son éventuel retour obligerait donc le pays à revisiter le bilan de son administration, les choix économiques et institutionnels effectués durant cette période, la gestion des fonds PetroCaribe, les nominations politiques, les relations entre les institutions, la question de la sécurité et l'évolution des réseaux politiques qui ont conduit de Martelly à Jovenel Moïse.


Pour une partie de la population, Martelly peut représenter une période d'énergie politique, de rupture avec certains codes traditionnels, de mobilisation populaire et d'une forme de proximité avec les citoyens ordinaires. Pour d'autres, il représente une période marquée par des controverses institutionnelles, une forte polarisation politique et des accusations internationales extrêmement graves. CITADEX ne doit choisir aucune de ces interprétations à la place de la population. Notre travail consiste à présenter le bilan, les faits documentés, les décisions prises, les accusations formulées, les réponses de l'intéressé et les éventuelles conclusions judiciaires, puis à permettre aux citoyens de tirer leurs propres conclusions. Une démocratie mature ne demande pas aux électeurs d'oublier le passé, mais elle ne leur demande pas non plus d'accepter comme vérité toutes les accusations formulées contre une personnalité politique. Elle leur donne les éléments nécessaires pour juger.


L'électeur haïtien mérite mieux qu'un nouveau concours de personnalités

C'est peut-être le plus grand danger à l'approche des élections. Haïti sort de plusieurs années sans institutions nationales élues pleinement fonctionnelles, dans un contexte où les partis traditionnels se sont fragmentés, où de nouvelles coalitions apparaissent et où certaines personnalités autrefois dominantes cherchent à retrouver une place dans l'espace public. Dans le même temps, la population continue de vivre sous la pression de l'insécurité, des déplacements forcés, de la pauvreté et de l'affaiblissement de l'autorité de l'État. Dans un tel environnement, les personnalités connues disposent naturellement d'un avantage considérable. Martelly possède cette notoriété. D'autres anciens présidents ou dirigeants politiques la possèdent également. Mais la notoriété ne constitue pas un programme de gouvernement, une foule n'est pas une politique publique, un réseau politique n'est pas une stratégie de développement et la nostalgie n'est pas un projet national.


Si Martelly se présente, CITADEX ne devrait pas dire aux Haïtiens pour qui voter. Nous devrions plutôt leur donner les questions qu'ils doivent poser, et ces questions devraient être les mêmes que celles que nous poserons à tous les autres candidats. Que ferait-il différemment ? Quelle responsabilité assume-t-il pour les décisions prises durant son administration ? Que répond-il aux accusations internationales formulées contre lui ? Quelle est sa position sur les relations entre pouvoir politique et groupes armés ? Que pense-t-il de l'enquête sur l'assassinat de Jovenel Moïse ? Quelle serait sa stratégie pour restaurer l'autorité de l'État ?

Comment compte-t-il s'attaquer à la pauvreté, au chômage, à l'exode et aux déplacements massifs de population ? Quelle serait sa politique envers la diaspora ? Comment reconstruirait-il les institutions publiques ? Et surtout, pourquoi la population haïtienne devrait-elle lui accorder une nouvelle chance de diriger le pays ? Ces questions ne sont pas des attaques contre Martelly. Elles sont les questions normales qu'un électorat informé devrait poser à tout ancien président qui souhaiterait revenir au pouvoir.


Alors, que signifie réellement l'inscription de Martelly ?

Pour l'instant, elle signifie exactement ce que le document électoral indique : Michel Joseph Martelly s'est inscrit comme électeur. Rien de plus n'a été officiellement annoncé. Nous ne pouvons donc pas honnêtement écrire qu'il sera candidat, qu'il a déjà choisi son véhicule électoral ou qu'il a pris la décision de retourner au Palais national. Mais politiquement, cette inscription constitue néanmoins un signal qu'il serait imprudent d'ignorer. Elle indique que l'ancien président ne se tient pas complètement à l'écart du processus électoral. Elle confirme qu'il souhaite conserver la capacité de participer directement au scrutin. Elle intervient après son retour en Haïti et dans un contexte où des acteurs associés à son ancien espace politique occupent déjà une place dans de nouvelles configurations électorales. Elle intervient également alors que le PHTK, l'ancien véhicule politique de Martelly, est absent du processus électoral officiel. Aucun de ces éléments ne constitue à lui seul la preuve d'une candidature, mais leur convergence justifie pleinement que la question soit suivie de près.


Que le retour politique de Martelly prenne finalement la forme d'une candidature présidentielle, d'un soutien à un autre candidat, d'un rôle central dans une coalition ou simplement d'une influence sur le comportement électoral de ses anciens partisans reste encore à déterminer. Et c'est précisément là que CITADEX doit maintenir sa discipline. Nous ne devons pas chercher à deviner ce que Martelly fera avant qu'il ne le dise. Nous devons plutôt suivre les faits, vérifier les documents, surveiller les décisions du CEP, examiner les éventuelles candidatures, analyser les coalitions et donner à la population les informations nécessaires pour comprendre ce qui se joue. Notre rôle n'est pas de prédire le prochain mouvement politique; notre rôle est de faire en sorte que, lorsque ce mouvement aura lieu, les citoyens haïtiens comprennent ce qu'il signifie.


Michel Martelly se prépare-t-il à revenir sur le bulletin de vote — ou se prépare-t-il simplement à s'assurer une place dans le prochain chapitre politique d'Haïti ?

Nous ne le savons pas encore. Et c'est précisément pour cela que nous devons rester attentifs.


La position de CITADEX

CITADEX ne prend pas position pour ou contre Michel Martelly. Nous ne considérons pas son inscription comme une preuve de candidature, pas plus que nous ne considérons son passé politique comme une raison suffisante pour écarter l'hypothèse d'un retour. Nous considérons simplement que les faits actuellement disponibles justifient une surveillance attentive de ses prochains mouvements politiques. Si une candidature est annoncée, CITADEX devra alors examiner son éligibilité, son programme, son bilan, ses alliances, ses réponses aux accusations internationales et son statut dans les dossiers judiciaires pertinents, exactement comme nous le ferons pour chacun des autres candidats. Le principe est simple : aucune personnalité ne doit être jugée avant l'heure, mais aucune personnalité ne doit non plus échapper à l'examen public auquel tout candidat à la direction d'un pays démocratique doit normalement consentir.


CITADEX — Informer. Vérifier. Questionner. Donner au citoyen les moyens de décider.

Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note

Soutenez Le Mouvement

Votre soutien contribue au développement d’une plateforme citoyenne fondée sur la transparence, l’accès à l’information et une démocratie plus structurée. Chaque contribution aide CITADEX à continuer d’informer, d’organiser et de rapprocher les citoyens du processus démocratique.

Fréquence

Unique

Mensuel

Montant

10 $US

50 $US

100 $US

200 $US

Autre

Abonnez-vous à notre newsletter

Restez informés des dernières évolutions du processus électoral

CITADEX

La Transparence au Service du Citoyen

  • Facebook
  • Instagram

© 2026  by Citadex. Powered and secured by Sundrop Ventures, Inc.

HEARQUARTERS

Atlanta, Georgia - USA


SUPPORT@citadexhaiti.com

678-760-0916

bottom of page